Le transport est le processus de déplacement des biens matériels, des personnes ou des animaux, sur un trajet déterminé.

Les transports sont un secteur de l'économie.

Bicyclettes de ville.

Enjeux

Le transport routier est source de pollution, d'importantes émissions de gaz à effet de serre, de fragmentation, d'accidents et d'engorgements routiers. Il contribue au phénomÚne de périurbanisation.

Les moyens de transport répondent aux besoins humains de déplacement, ou mobilité[1].

Le secteur du transport est un service (public ou privé) nécessaire ou utile pour de nombreux actes et activités de la vie courante. Le type de transport et son degré d'intermodalité ont des conséquences en matiÚre de consommation d'espace et d'énergie, ainsi qu'en matiÚre d'émissions de polluants et de gaz à effet de serre (et donc en matiÚre de santé environnementale).

En France, ce secteur Ă©conomique reprĂ©sente environ 32 % de l'Ă©nergie consommĂ©e entre 2011 et 2022[2]. Le transport motorisĂ© est une source majeure de pollution[3], responsable d'environ 30 % des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre (part en hausse par rapport Ă  1990), ce qui en fait le premier secteur pour la contribution au changement climatique[4],[5].

Les voies de communication font partie des infrastructures et réseaux de transport, comme les ouvrages d'art (ponts, tunnels
) et les bùtiments (gares, parkings
) associés. Elles contribuent au phénomÚne dit de fragmentation écopaysagÚre[6].

Il s'est développé simultanément dans les domaines public et privé depuis la révolution industrielle. Il a fortement contribué à la mondialisation et au développement du tourisme lointain.

Typologie

Le progrĂšs technique a permis l'invention de quatre grands types de transport motorisĂ©s, complĂ©tant celui assurĂ© par l'humain ou l'animal. Chacun de ces types de transport, incluant transport de personnes et de marchandises, peut ĂȘtre subdivisĂ© en plusieurs sous-types :

Histoire

Le portage est le mode de transport le plus ancien (ici un sherpa portant des planches sur son dos), limité par le poids ou l'encombrement des objets ou personnes à transporter, et source de diverses pathologies quand les charges sont trop lourdes.

Portage et traction animale

Les bovins ont été parmi les premiers animaux domestiqués pour la traction et le transport de charges plus ou moins lourdes (en attelage), nécessitant souvent l'entretien de réseaux de chemins éventuellement drainés, damés et empierrés.
La roue et la traction animale ont permis des formes d'habitation itinérante (de la roulotte tirée par des chevaux au camping-car).

L'utilisation de l'Ă©nergie animale ne s'est pas faite en mĂȘme temps que sa domestication. On estime que l'homme a commencĂ© Ă  atteler des bovins Ă  des araires ou des vĂ©hicules Ă  roues durant le IVe millĂ©naire av. J.-C. Ces techniques inventĂ©es dans le croissant fertile ou en Ukraine ont par la suite connu un dĂ©veloppement mondial[9].

Avant la domestication, le transport des marchandises est géré par les humains. Les termes utilisés dans ce cas sont le port, le portage
 L'homme tire, il pousse et il propulse (une brouette, une bicyclette, un pousse-pousse...) dÚs lors qu'il invente la roue. La roue demeurera toutefois inconnue en Amérique précolombienne, jusqu'à la colonisation.

À partir de la domestication, l'animal devient le systĂšme de « portage Â» (BĂȘte de somme avec un bĂąt), de propulsion ou de traction, d'une « charge Â», ou d'un « vĂ©hicule Â» (chars, charrettes, chariots, carrioles, voiturettes, voitures...). Si le vĂ©hicule est tirĂ© par un cheval, il s'agit d'un vĂ©hicule hippomobile. Historiquement, la traction animale a Ă©tĂ© prĂ©dominante pendant des millĂ©naires, et retrouve des utilisations justifiĂ©es. Dans un autre registre, les pigeons ont Ă©tĂ© Ă©levĂ©s par des Colombophilie, pour transporter des messages, ou des mammifĂšres marins par l'armĂ©e pour rĂ©cupĂ©rer des objets.

Dans les pays industrialisĂ©s, l'utilisation des animaux de trait a fortement rĂ©gressĂ© depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale avec le dĂ©veloppement de la mĂ©canisation (moteur Ă  combustion interne et Ă©lectricitĂ©), et garde une place marginale dans le tourisme mais, la traction animale garde toute son importance en Afrique subsaharienne oĂč elle se dĂ©veloppe.

Transports dans l'Antiquité

À l'Ă©poque romaine, le transport se faisait soit par voie terrestre, soit par voie navigable. Le transport sur eau pouvait se rĂ©aliser par la mer ou sur des fleuves ou riviĂšres navigables. Certaines villes, comme Saragosse (Caesare Augusta) Ă©taient dotĂ©es d'un port fluvial. Avant la premiĂšre guerre punique, la marine romaine est insignifiante. La marine romaine n'est pas d'inspiration grecque, c'est la menace de la flotte carthaginoise Ă©quipĂ©e de quinquĂ©rĂšmes[10] qui a poussĂ© les romains Ă  copier ceux-ci pour les combattre. La tradition raconte qu'ils y sont parvenus grĂące Ă  l'aide des grecs (socii) installĂ©s dans le sud de l'Italie. Rome prĂ©fĂ©ra les trirĂšmes. En 261 av. J.-C, les Romains rĂ©ussirent Ă  en construire cent en deux mois.

Les nautes arlésiens transportant du vin sur la Durance

Les ports antiques sont les premiĂšres installations portuaires apparues avec le dĂ©veloppement de la marine. Ils sont attestĂ©s chez les Grecs et les Romains, mais aussi chez les Puniques, chez les Minoens, en Égypte antique... À la suite de Richard Lefebvre des NoĂ«ttes qui niait toute possibilitĂ© pour la marine antique de pouvoir naviguer loin des cĂŽtes et d’avoir un tonnage d’une certaine importance, on a longtemps pensĂ© que les premiers ports n’étaient que de simples plages d’échouage, les bateaux Ă©tant chaque soir tirĂ©s au sec. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien. TrĂšs tĂŽt, on cherche Ă  amĂ©nager des abris naturels afin d’en augmenter les qualitĂ©s : protection contre les fureurs du large, bonne exposition par rapport aux vents pour faciliter l’entrĂ©e et la sortie des navires. Ces dispositions naturelles sont donc essentielles dans le choix d’un site, tout comme les conditions Ă©conomiques (proximitĂ© d’une grande ville et de voies terrestres et fluviales). Aussi, les Anciens n’hĂ©sitent pas Ă  crĂ©er des ports artificiels qui, avec l’augmentation des capacitĂ©s nautiques, rĂ©pondent aux nĂ©cessitĂ©s Ă©conomiques. Les ports fluviaux doivent rĂ©pondre Ă  deux impĂ©ratifs : abriter les bateaux des dangers naturels de la riviĂšre (crues, embĂącles) et offrir de bonnes dispositions pour le transit des marchandises.

La centuriation en Italie au XVIe siĂšcle.

Le terme centuriation indique un systĂšme de morcellement du territoire, typique du procĂ©dĂ© de mise en culture que la civilisation romaine appliquait dans les rĂ©gions sous sa domination. Aux phases de dĂ©boisement et de bonification, si nĂ©cessaire, succĂ©dait un processus de rĂ©partition des terrains en grands quadrilatĂšres d’environ 700 m de cĂŽtĂ©, dĂ©limitĂ© par des voies d’accĂšs le plus souvent parallĂšles Ă  de grands fossĂ©s de drainage. Un des exemples de centuriation romaine les mieux conservĂ©s d’Europe est celui de la rĂ©gion de Cesena.

Les voies romaines sont les voies du rĂ©seau routier créé par les Romains. Souvent en ligne droite, elles permettaient de parcourir plus rapidement qu'avant l’ensemble de l’Empire Ă  partir de l’Urbs, Rome.

Elles reliaient entre elles les citĂ©s de tous les points de l’Italie puis de l’Empire avec les centres de dĂ©cision politiques ou Ă©conomiques. Elles permettaient des dĂ©placements plutĂŽt aisĂ©s pour l'Ă©poque, que ce soit pour l'usage des troupes en campagne ou les marchands et courriers. Elles permirent l’expansion Ă©conomique de l’Empire puis sa fin en facilitant les grandes invasions.

Le mot « carrefour Â» vient du bas latin quadrifurcus, qui a quatre fourches ou divisions, lui-mĂȘme venant de quadri, quatre, et furca, fourche. Les romains rĂ©alisaient dĂ©jĂ  des carrefours oĂč les axes Ă©taient perpendiculaires. Par exemple lorsqu'il existait un Decumanus et un Cardo maximus. Des monuments marquaient parfois ces croisements.

Le flottage du bois ou la drave[11],[12] (au Canada) est l'une des plus anciennes mĂ©thodes de transport sur de longues distances. Du Moyen Âge jusqu’à la fin du XIXe siĂšcle, en Europe occidentale, le flottage est le mode de transport le plus courant et le moins onĂ©reux pour le bois. Cette technique Ă©tait Ă©galement connue des romains. Elle a pu ĂȘtre utilisĂ©e sur certains fleuves comme la Garonne.

Industrialisation

Graphique reprenant les dix plus grands pays producteurs d'automobile en 2007 : Japon Ă  environ 10 millions, Chine et Allemagne environ 6 millions, États-Unis et CorĂ©e du Sud Ă  plus de 3 millions, puis France, BrĂ©sil, Espagne, Inde et Royaume-Uni autour de 2 millions.
Les dix plus grands pays producteurs d'automobiles en 2007.

L'industrialisation est le rĂ©sultat de l'invention de la chaudiĂšre Ă  vapeur et de la machine Ă  vapeur (Denis Papin), puis de la locomotive, de l'automobile... dĂšs lors que la vapeur est utilisĂ©e pour mouvoir un vĂ©hicule ; en mĂȘme temps, diffĂ©rents types de carburants sont inventĂ©s ou utilisĂ©s, pour amĂ©liorer la puissance des moteurs, plus tard pour les rendre moins gourmands : le gaz, l'essence et le pĂ©trole dans le moteur Ă  combustion interne utilisĂ© sur les vĂ©hicules automobiles, l'Ă©lectricitĂ© de la pile Ă©lectrique, la pile nuclĂ©aire dans de rares sous-marins, la pile Ă  combustible, pour fournir de l'Ă©lectricitĂ© au travers de turbines ou directement Ă  un bobinage (moteur Ă©lectrique), enfin dĂ©jĂ  ou dans le futur, de l'hydrogĂšne.

Divers alliages, polymÚres, céramiques, composites et mousses, puis des objets produits par imprimante 3D sont utilisés pour alléger le véhicule[13],[14],[15].

Fonctions

Les transports motorisés ont entrainé le développement d'une ingénierie urbaine, logistique et routiÚre de plus en plus complexe.
Les embouteillages, ainsi que la perte de temps et la pollution qu'ils gĂ©nĂšrent, font partie des consĂ©quences de la gĂ©nĂ©ralisation et de la densification du transport routier au XXe siĂšcle.
Le transport maritime (plus de 80 % du transport de marchandises dans le monde) et fluvial permettent de dĂ©placer des masses plus importantes en consommant moins d'Ă©nergie.
Les trains de marchandises, plus lourds et plus lents que ceux de passagers, voyagent préférentiellement de nuit. Ils sont l'un des éléments d'une chaßne logistique multimodale plus large.

Le transport de personnes et le transport de marchandises se distinguent et sont effectuĂ©s soit en transport pour compte propre ou « transport privĂ© Â» pour ses propres biens, soit en transport pour compte d'autrui ou « transport public Â», souvent une prestation de service. Le transport de personnes peut ĂȘtre soit individuel, soit collectif ou en commun. Toutes ces catĂ©gories se combinent entre elles et contribuent Ă  la description des mĂ©tiers du transport, par exemple : le transport collectif de personnes (autocaristes), le transport individuel (taxi), le transport de marchandises pour compte d'autrui (transporteur de marchandises) ou le transport de marchandises pour compte propre (louageurs). Les personnes physiques, les personnes morales ou les États (au travers de leurs services publics) peuvent exercer ces activitĂ©s rĂ©glementĂ©es (rĂ©gies, exploitants, transporteurs).

Transport de personnes

En France en 2014, selon l'ADEME, 83 % du trafic voyageur se fait en voiture particuliĂšre, bien qu'elle soit « le mode de dĂ©placement le moins efficace d’un point de vue Ă©nergĂ©tique Â». « Lors d’une journĂ©e normale, 72 % des dĂ©placements se font en voiture ; la façon dont on achĂšte et on utilise les vĂ©hicules Â» a changĂ© (ex. : le poids moyen du vĂ©hicule a augmentĂ© de « 330 kg en 30 ans Â»)[16].

On distingue souvent les transports urbains des grands axes interurbains et périurbains[16].

Transports urbains

Un train Ă  grande vitesse en Allemagne.

En Europe, au milieu des annĂ©es 1990, les transports urbains consommaient environ 30 % de l'Ă©nergie totale utilisĂ©e dans la plupart des villes ; et 80 % des transports urbains par vĂ©hicules Ă  moteur Ă©taient encore effectuĂ©s en voiture[17].

En France, selon un rapport de l'Insee de 1999 :

  • 36 % des actifs travaillent dans leur commune rĂ©sidentielle. Ils sont Ă  l'origine de 8 % des distances parcourues, avec un dĂ©placement ne dĂ©passant pas 8 km ;
  • 33 % des actifs parcourent moins de 10 km, ils sont Ă  l'origine de 13 % des distances parcourues en France ;
  • 17 % des actifs travaillent entre 10 et 20 km de leur domicile. Ils rĂ©alisent 18 % des distances parcourues ;
  • 9 % des actifs se dĂ©placent sur 20 Ă  40 km rĂ©alisant 17 % des dĂ©placements en France ;
  • enfin, seulement 5 % des actifs rĂ©alisent 44 % des distances parcourues pour se rendre Ă  leur lieu de travail.

Transports interurbains

Transport de marchandises

Animaux

Le a été signée à Paris la Convention européenne sur la protection des animaux en transport international, qui réglemente le transport des animaux[18].

Le , l'Union europĂ©enne a effectuĂ© une refonte totale des rĂšgles en matiĂšre de bien-ĂȘtre des animaux pendant leur transport. Dans cette nouvelle rĂ©glementation, elle identifie tous les intervenants et leurs responsabilitĂ©s respectives, elle renforce les mesures de surveillance et prĂ©voit des rĂšgles plus strictes pour les longs trajets et les vĂ©hicules utilisĂ©s[19],[20].

L'union europĂ©enne a Ă©galement mit en place un systĂšme appelĂ© TRACES, (TRAde Control and Expert System) qui assure la traçabilitĂ© et le contrĂŽle de l'ensemble des produits d'origine animale et des animaux vivants lors de leurs mouvements et importations en Europe. NĂ©anmoins, certaines organisations de protection des animaux, notamment le PMAF, dĂ©noncent les conditions de transports des animaux sur de longues distances, parfois d'un pays Ă  un autre pour des raisons Ă©conomiques, pour ĂȘtre engraissĂ©s ou abattus[21].

Vrac

Militaire

Toutes les armées (force terrestre, force aérienne, marine, gendarmerie) disposent de différents moyens pour transporter leurs personnels, leurs armes et leurs munitions. Outre leurs moyens propres, le service du train et le génie interviennent dans la logistique (transports, entreposage) pour stocker, transporter et détruire, améliorer ou construire des infrastructures.

Sanitaire

Le transport sanitaire est l'opération qui consiste à transporter un malade ou un blessé dont l'état justifie le recours à un transport adapté et assisté.

Moyens

Modes de transport

Les modes de transport sont gĂ©nĂ©ralement classifiĂ©s selon les voies de communication utilisĂ©es : transports terrestres (routier et ferroviaire ou guidĂ©s), les transports maritime et fluvial, le transport aĂ©rien. Le choix d'un mode de transport peut ĂȘtre effectuĂ© en fonction de la disponibilitĂ© du moyen de transport, de ses qualitĂ©s (capacitĂ©, rapiditĂ©, sĂ©curitĂ©, conformitĂ© au rĂ©glementations applicables aux marchandises, au commerce...) et de son coĂ»t, par exemple. Pour le transport de marchandises dangereuses ou sensibles, la notion de sĂ»retĂ© est aussi prise en compte.

Multimodal

Transport combiné, élément de la chaine du transport combiné.

Pour aller d'un lieu Ă  un autre, il est souvent nĂ©cessaire de combiner ces diffĂ©rents modes de transport. Il s'agit alors de transport multimodal, ou intermodal, ou plurimodal, ou combinĂ©. L'expression transport intermodal dĂ©signe surtout le transport de marchandise, pour le transport de voyageurs on utilisera la notion plus gĂ©nĂ©rale d'intermodalitĂ© ou de multimodalitĂ©. Cette combinaison de plusieurs modes de transports s'est nettement modifiĂ©e grĂące Ă  l'arrivĂ©e d'internet et des technologies de l'information (TIC) mobiles comme le tĂ©lĂ©phone portable. En effet, l'enchaĂźnement de plusieurs modes nĂ©cessite la connaissance de nombreuses donnĂ©es (horaires, localisations, correspondances) qui peuvent ĂȘtre apportĂ©es par les TIC. Il y a alors un dĂ©cloisonnement possible de toutes les solutions de mobilitĂ© : covoiturage, autopartage, transport public, vĂ©los en libre-service. Cette « nouvelle Â» mobilitĂ© est parfois appelĂ©e « 2.0 Â» ou « 3e mode Â» (aprĂšs le transport public et la voiture individuelle privĂ©e)[22],[23].

Certaines marques telles que Tictactrip se positionnent depuis peu dans ce secteur, en prÎnant l'intermodalité.

Réseau de transport

Les rĂ©seaux de transport tendent Ă  suivre les rĂ©seaux urbains :

  • le rĂ©seau polarisĂ© intĂ©gral (ou unipolaire) : un pĂŽle central avec des lignes de transports radiales autour de ce centre ;
  • le rĂ©seau bipolaire : une ligne forte entre ces deux pĂŽles avec des lignes secondaires de rabattement sur cette ligne ;
  • le rĂ©seau multipolaire : pas de ligne privilĂ©giĂ©, ce modĂšle tend Ă  Ă©voluer au fur et Ă  mesure de la hiĂ©rarchisation des rĂ©seaux de transport[24].

Transport par conduite

L'utilisation de tuyaux en bois ou en terre cuite pour la collecte et la distribution d'eau potable et d'irrigation remonte à la plus Haute Antiquité.

À partir de 1865 aux États-Unis, du fait de l'intensification de l'exploitation du pĂ©trole et du gaz naturel, le transport depuis les sites de production devient indispensable par pipeline, conduite constituĂ©e de tubes mĂ©talliques et sous pression. À la fin du XIXe siĂšcle, 29 000 km de pipelines sont en exploitation[25].

Selon le fluide transportĂ© (liquide ou gaz), les pipelines portent des noms spĂ©cifiques : aqueduc, gazoduc, olĂ©oduc, saumoduc, oxyduc, hydrogĂšne, hydrogĂ©noduc, Ă©thylĂ©noduc, etc.

En 2011, dans le monde, la longueur des pipelines en service est estimĂ©e Ă  2 000 000 kilomĂštres ; les deux tiers environ sont des gazoducs, un tiers sont des olĂ©oducs et marginalement d'autres[26].

Sécurité

La vitesse de circulation, variable, est en soi un facteur de risque qui fait de la sĂ©curitĂ© des transports un enjeu important. Les questions de sĂ©curitĂ© sont complexes et prennent en compte l'ensemble des Ă©lĂ©ments constituant un transport : le vĂ©hicule, le conducteur, la marchandise, les personnes transportĂ©es, les animaux et les infrastructures.

Le Transport de matiÚres dangereuses est réglementé, pour des raisons de sécurité. Au-delà, et depuis le 11 septembre, l'ouvrage de référence, réglementant le transport de marchandises dangereuses (A.D.R.)[27] aborde aussi les questions de sûreté, afin de limiter les risques d'attentats perpétrés avec des matiÚres et des produits détournés de leur moyen de transport. Sur tous les véhicules qui transportent des matiÚres dangereuses, figurent sur une plaque orange un code d'identification du danger, appelé parfois code Kemler et un numéro ONU qui indiquent quels types de matiÚres est transportées dans le véhicule.

Secteur des transports

Avec les conquĂȘtes et colonisations, et surtout aprĂšs l'invention des transports motorisĂ©s, alors que les transports consomment de plus en plus de ressources, une Ă©conomie des transports s'est progressivement institutionnalisĂ©e en devenant l'une des sciences de gouvernement[28]. Des Ă©conomistes spĂ©cialisĂ©s donnent des conseils qui prennent une importance croissante face aux choix et dĂ©cisions publiques[28]. Dans l'administration centrale et dĂ©centralisĂ©e (de l'Ă©quipement et de l'Industrie notamment), les ingĂ©nieurs-Ă©conomistes conseillent le prince et les collectivitĂ©s sur les choix modaux, intermodaux et la planification des rĂ©seaux d'infrastructures de transports[28].

En termes d'investissements publics, la route reste surfavorisĂ©e ; par exemple, en France, 64 % des investissements faits en 2004 en transports ont concernĂ© la route, contre 15 % pour le rail et 1 % pour la voie d'eau[29].

Énergie

Le secteur des transports forme l'un des plus gros secteurs d'utilisation de l'énergie principalement sous forme de pétrole.

En 2015, le secteur des transports (Selon les donnĂ©es de l'Agence internationale de l'Ă©nergie, il est constituĂ© par l'aviation domestique, les routes, le rail, les transports par canalisation, la navigation domestique, etc. ; les carburants maritimes internationaux et ceux de l'aviation internationale sont dĂ©duits de la consommation intĂ©rieure d'Ă©nergie primaire et ne sont donc pas inclus dans le transport dans le cadre de la consommation finale) consommait mondialement 2 491 mĂ©gatonnes d'Ă©quivalent pĂ©trole (Mtep) sous forme de pĂ©trole. La consommation Ă©tait de 1 044 Mtep en 1975. Pour rappel, pour ces mĂȘmes annĂ©es la consommation globale d'Ă©nergie Ă©tait de 9 384 Mtep et 4 701 Mtep[30]. Pour 2015, les autres types d'Ă©nergie, Ă©lectricitĂ© (36 Mtep), gaz naturel (98 Mtep), biocarburants (76 Mtep) restent minoritaires.

Flux d'Ă©nergie aux États-Unis en 2015.

Aux États-Unis, en 2015, le secteur des transports qui comprend selon l'Agence d'information sur l'Ă©nergie tous les vĂ©hicules dont le but principal est de transporter des personnes et/ou des biens d'un endroit physique Ă  un autre - inclus les automobiles ; camions ; autobus ; motos ; trains, mĂ©tros et autres vĂ©hicules ferroviaires ; avions ; et navires, barges et autres vĂ©hicules sur l'eau (Les vĂ©hicules dont l'objet principal n'est pas le transport - par exemple grues et bulldozers de construction, vĂ©hicules agricoles, tracteurs d'entrepĂŽt et chariots Ă©lĂ©vateurs Ă  fourche - sont classĂ©s dans le secteur de leur utilisation principale[31].) a consommĂ© 27,391 PBtu (ou quads soit 690 Mtep) d'Ă©nergie totale. En 1950, cette mĂȘme consommation Ă©tait de 8,492 PBtu (quads, soit 213 Mtep). En 2015, la consommation globale aux États-Unis Ă©tait de 97,728 PBtu (quads, soit 2 455 Mtep)[32].

  • 1 Mtep = 11,63 TWh soit 41,87 PJ ou 0,04 PBtu ou quads
  • PBtu ou quads = 25,2 Mtep

Environnement

Les transports en commun et moindrement le covoiturage peuvent diminuer les embouteillages, l'emprise urbaine et la pollution routiÚre, tout en améliorant la sécurité.
Émissions mondiales de CO2 par secteur Ă©conomique en 2021[33].
  • ÉlectricitĂ©, 40 %
  • Transports, 23 %
  • Industrie, 23 %
  • BĂątiments, 10 %
  • Autres, 4 %

Le transport consomme la plus grande part du pĂ©trole mondial[rĂ©f. nĂ©cessaire], en produisant du dioxyde de carbone et de nombreux produits nocifs, pour certains responsables de la dĂ©tĂ©rioration de la couche d'ozone et de l'effet de serre. C'est pourquoi, des politiques d'Ă©conomies d'Ă©nergie liĂ©es aux transports sont mises en Ɠuvre, parfois avec difficultĂ©s, au niveau mondial.

En 2018, le secteur des transports Ă©tait Ă  l'origine de 25 % des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre dans le monde, et 41 % des Ă©missions en France[34].

La quantitĂ© de dioxyde de carbone Ă©mise pour un mĂȘme trajet diffĂšre selon le mode de transport. Par exemple, pour un trajet Londres-Édimbourg (600 km), le dĂ©partement britannique des transports[35] a calculĂ© des quantitĂ©s d'Ă©missions moyennes par modes de transports et par passager suivantes :

  • en voiture : 71 kg (pour une moyenne de 1,56 passagers par voiture, soit 111 kg par voiture) ;
  • en avion : 96,4 kg ;
  • en train express : 12 kg ;
  • en autocar : 9,2 kg.

Pour les villes françaises, selon l'ADEME (France), un kilogramme Ă©quivalent pĂ©trole (kep) permet de dĂ©placer une personne :

  • 18 kilomĂštres en voiture ;
  • 31 kilomĂštres en deux roues motorisĂ© ;
  • 47 kilomĂštres en bus francilien ;
  • 64 kilomĂštres en mĂ©tro de province ;
  • 140 kilomĂštres en mĂ©tro parisien.

La consommation d’énergie en France par mode de transport en 2017, d'aprĂšs le Service de la donnĂ©e et des Ă©tudes Statistiques (SDES, service du gouvernement français)[36], se rĂ©partissait comme suit :

  • route : 94,7 %
  • maritime/fluvial : 1,7 %
  • aĂ©rien : 1,8 %
  • ferroviaire : 1,8 %

Le transport routier, en complĂ©ment du transport maritime (de plus en plus conteneurisĂ©)[37][rĂ©f. incomplĂšte],[38],[39][rĂ©f. incomplĂšte], est essentiel Ă  l'Ă©conomie mondialisĂ©e, mais est aussi une source majeure d'accidents de la route, de pollution sonore[40],[41],[42], et de pollution routiĂšre, de gaz Ă  effet de serre (le transport routier de marchandises est responsable de 15 % des Ă©missions totales de CO2 de la France dans les annĂ©es 2010)[43], d'artificialisation des sols et des paysages ainsi que de fragmentation Ă©copaysagĂšre[44].

Les stratégies d'économies d'énergies sont techniques, elles reposent sur l'utilisation de sources d'énergie alternatives (comme l'électricité, le gaz naturel pour véhicules, le GPL, les bioénergies...) mais nécessitent de mettre au point des systÚmes adaptés.

Pour l'Ă©lectricitĂ©, il s'agit d'amĂ©liorer les capacitĂ©s de stockage de l'Ă©lectricitĂ© (s’effectuant gĂ©nĂ©ralement dans des batteries) par rapport Ă  la densitĂ© Ă©nergĂ©tique, le volume et le poids des batteries pour crĂ©er des vĂ©hicules viables. Des progrĂšs ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© faits en matiĂšre d'autonomie des batteries et aujourd'hui il existe dĂ©jĂ  des applications de la technologie Ă©lectrique au transport, tant au niveau du fret (des camions Ă©lectriques actuellement[Quand ?] commercialisĂ©es ont des autonomies et capacitĂ©s de contenance suffisantes pour ĂȘtre utilisĂ©s au transport de marchandises[45]) qu'au niveau du transport de personnes (transport individuel avec des voitures Ă©lectriques ou transport en commun avec par exemple des bus Ă©lectriques[46]).

Pour les énergies de type gaz naturel ou GPL, la difficulté d'application de cette énergie dans les transports fut la garantie de sécurité par rapport aux risques qu'ils pouvaient comporter, risques aujourd'hui canalisés dans les systÚmes de technologie récente. Pour les bioénergies la question se pose plus par rapport à la possibilité de produire à partir de la biomasse suffisamment et de maniÚre renouvelable l'énergie nécessaire au transport. L'économie d'énergie est aussi basée sur des stratégies de réduction de la consommation en énergie des véhicules, et aussi, indirectement, sur la réduction de la vitesse autorisée (voir réglementation routiÚre, en France). D'autres stratégies consistent à réduire le poids de véhicules en utilisant des matériaux plus légers (matériaux composites), comme ceux utilisés dans l'aéronautique.

Les stratégies comportementales visent au transfert modal vers le transport actif, non motorisé. La réintroduction de la propulsion humaine en particulier le vélo en ville est développée dans plusieurs pays d'Europe depuis les années 1970, en particulier aux Pays-Bas. La marche à pied, les déplacements en roller ou trottinette, à vélo permettent le transfert d'un temps subi de transport passif, vers un temps choisi d'activité physique bénéfique pour la santé.

Divers États et collectivitĂ©s encouragent aussi le transport intermodal et l'utilisation des transports en commun, soit par l'incitation (campagnes dites de « sensibilisation Â»), soit par la dissuasion : pĂ©ages, rĂ©duction du stationnement et des zones Ă  faibles Ă©missions (Ă  Paris, par exemple).

Interstate 5 traversant Seattle. Les transports affectent l'environnement global et local, causant pollution lumineuse et collisions accidentelles avec la faune.

Des progrÚs ont été accomplis en matiÚre de carburants (désoufré, agrocarburant), filtres et pots catalytiques, et de nombreux pays ont interdit l'essence plombée, mais ces efforts ne compensent pas les effets de l'augmentation du nombre de véhicules dans le monde. Les transports terrestres motorisés et par voies d'eau sont aussi, par les infrastructures qu'ils requiÚrent, le premier facteur de fragmentation écologique des paysages, reconnu comme un des premiers facteurs de recul de la biodiversité. La pollution lumineuse et la mortalité animale due aux véhicules induite s'y ajoutent.

Les progrĂšs environnementaux sont rendus difficiles par le fait que les dĂ©cisions relatives aux politiques de transport et aux formes urbaines se manifestent sur un pas de temps trĂšs long et sont confrontĂ©es Ă  une inertie structurelle (il est rare qu'on supprime une route existante) : qu'il s'agisse d'infrastructures nouvelles Ă  implanter, d'organisation de la vie Ă©conomique et sociale Ă  faire Ă©voluer, d'impacts environnementaux Ă  maĂźtriser, on raisonne au moins en dĂ©cennies et non en annĂ©es[rĂ©f. souhaitĂ©e].

Au dĂ©but des annĂ©es 2010, le transport est source directe de 14 % des Ă©missions de CO2 du pays[Lequel ?][47] ; 73 % de ces Ă©missions sont dues au transport routier[48].

En France en 2014, selon l'ADEME, les transports sont responsables de 32 % de la consommation d’énergie finale et de 35 % des Ă©missions de CO2[16].

Le transport routier est également source de pollution de l'air[49].

Géographie des transports

Une branche de la géographie étudie les transports aussi bien routiers et ferroviaires que maritimes[50], fluviaux, aériens ou par moyens de télécommunications.

Aspects politiques

Aménagement du territoire

Le transport est un composant important de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme, notamment par la problématique du désenclavement.

Se pose ainsi la question de savoir oĂč diriger les investissements : pour augmenter la capacitĂ© des axes saturĂ©s ou pour desservir les zones les moins bien reliĂ©es au reste du territoire. La premiĂšre option permet de rĂ©pondre aux besoins de la population mais au risque d'aggraver les dĂ©sĂ©quilibres territoriaux. Le deuxiĂšme choix peut ĂȘtre vu comme un investissement Ă  plus long terme pour induire une « revitalisation Â» de ces zones dĂ©laissĂ©es mais le risque d'Ă©chec est important, l'effet d’entraĂźnement des infrastructures ayant rarement Ă©tĂ© probant lors des prĂ©cĂ©dentes opĂ©rations de ce type[51].

AccĂšs au transport

L'accessibilitĂ© dans les transports dĂ©finit la possibilitĂ© pour tous d'accĂ©der aux systĂšmes de transport ; elle renvoie en partie Ă  la question des personnes Ă  mobilitĂ© rĂ©duite (voir l'article AccessibilitĂ© aux personnes handicapĂ©es) et des pays en dĂ©veloppement oĂč le modĂšle routier du XXe siĂšcle pose de graves problĂšmes dans les conurbations parfois de millions Ă  dizaines de millions d'habitants, en Afrique, Inde, IndonĂ©sie et Chine notamment[52] ; si la Chine atteint seulement 50 % du taux de motorisation français (±300 voitures pour 1 000 habitants), avant 2050 la chine devrait supporter 500 millions de voitures en circulation, et il faudrait environ trois milliards de voitures si le monde entier devait s'aligner sur les Français (Ă  comparer aux 880 millions de vĂ©hicules estimĂ©es en circulation dans le monde en 2005)[53]. Le transport pose des problĂšmes d'inĂ©galitĂ©s (subies ou voulues, gĂ©ographiques, Ă©cologiques et sociales)[54] : tous les territoires ne sont pas desservis de la mĂȘme maniĂšre par les rĂ©seaux de transport, ni touchĂ©s par leurs consĂ©quences nĂ©gatives (bruits, pollution, accident, emprises, etc.). Les rĂ©seaux de transports sont dangereux pour les enfants, personnes ĂągĂ©es et handicapĂ©s.

Le droit au transport questionne aussi le coût du transport pour les personnes à faible revenu. Certains groupes comme le Collectif sans ticket militent pour la gratuité des transports en commun. En 2007, une étude de l'Ademe conclut que cette gratuité augmente sensiblement la fréquentation du réseau, notamment sur la base de l'exemple de la ville de Chùteauroux[55].

Réglementation

La police française utilise plusieurs moyens de transports.

Contrat de transport de marchandises

Le contrat de transport de marchandises pour compte d'autrui (ou transport public) est un contrat commercial tel que dĂ©fini par les articles 1101 et suivants du Code civil. Il est matĂ©rialisĂ© par un document dĂ©nommĂ© diffĂ©remment selon le mode de transport. Ce document va faire rĂ©fĂ©rence un contrat conclu entre les parties : Donneur d'ordre, transporteur, expĂ©diteur, destinataire, remettant, rĂ©ceptionnaire et pour l'international on ajoutera, le vendeur, l'acheteur, l'exportateur et l'importateur. Exemple : une entreprise (donneur d'ordre), demande Ă  une sociĂ©tĂ© de transport (transporteur) de charger des marchandises chez son fournisseur (expĂ©diteur) pour les livrer sur une base logistique (rĂ©ceptionnaire) qui fait de l'entreposage pour une grande enseigne commerciale (destinataire). En France, le contenu de ce contrat est libre, toutefois il ne doit pas ĂȘtre lĂ©onin (dĂ©sĂ©quilibrĂ©) ainsi que rĂ©alisable. De ce contrat vont naĂźtre des obligations pour les parties qui sont rĂ©gies par des textes, dĂ©crets ou des conventions.

Transport routier

Le transport routier de marchandises notamment, distingue le transport national et les trajets internationaux.

National

En France, le contrat de transport est rĂ©gi par les articles 1782 et suivants du Code civil au livre III, titre VIII, chapitre III : « Du louage d'ouvrage et d'industrie Â», Section 2 : « Des voituriers par terre et par eau Â». Ces articles traitent notamment de la responsabilitĂ© qui incombe au transporteur quant aux biens qui lui sont confiĂ©s ; les articles 133-1 Ă  133-9 du Code de commerce. On retrouve, entre autres : la prescription d'un an pour les litiges ainsi que le rĂšglement de la prestation ; les rĂ©serves qui doivent ĂȘtre notifiĂ©es par lettre recommandĂ©e, au plus tard trois jours au lendemain de la livraison ; les deux cas d'exonĂ©ration de la responsabilitĂ© du transporteur, la force majeure, le vice propre de la marchandise (un troisiĂšme est le cas de la faute d'un tiers, mais il ne se trouve pas dans ces articles). Figure aussi le droit de « rĂ©tention Â» des marchandises en cas de crĂ©ance non rĂ©glĂ©e, mĂȘme antĂ©rieure au transport dont les marchandises font l'objet, aux articles 132-8 et 132-9 du code de commerce, issus de la modification de l'article 101 du code de commerce qui est entrĂ© en application, par la « Loi Gayssot Â», alors que Jean-Claude Gayssot Ă©tait ministre des Transports. En fait, le donneur d'ordre, le commissionnaire (intermĂ©diaire), l'expĂ©diteur et le destinataire sont tous garants du payement du prix du transport. En d'autres termes, si celui qui devait payer ne paye pas, alors le transporteur peut rĂ©clamer cette somme aux autres protagonistes. L'article 132-9 dispose quelles sont les rubriques indispensables sur la lettre de voiture ; le contrat types, dĂ©cret no 99-269 du , Ă  dĂ©faut de contrat Ă©crit entre les parties, il s'applique. Presque tout y est dĂ©crit : choix du matĂ©riel de transport, dĂ©lais d'acheminement, de chargement et de dĂ©chargement, responsabilitĂ©s, litiges, indemnisation, etc.

Le document[Quoi ?] se nomme lĂ©galement lettre de voiture car le transporteur, toujours d'aprĂšs le Code civil, est un voiturier. Dans une lĂ©gislation antĂ©rieure, aujourd'hui abrogĂ©e, il y avait le rĂ©cĂ©pissĂ© pour les livraisons dans un rayon de 30 km. Par confusion, on parle aussi de bon de livraison. Ce dernier existe bien, mais il constitue un accusĂ© de rĂ©ception des marchandises qui fait partie du contrat entre le vendeur et l'acheteur de celles-ci.

International

Le document se nomme lĂ©galement lettre de voiture internationale pour les transports internationaux par route. Ces derniers sont rĂ©gis, pour un certain nombre de pays, par la Convention de GenĂšve aussi dĂ©nommĂ©e Convention relative au contrat de transport international de marchandises par route, abrĂ©gĂ© en C.M.R., d'oĂč le nom d'usage (mais non juridique) de C.M.R. donnĂ© Ă  ces lettres de voitures internationales. À dĂ©faut de contrat entre les parties, c'est cette convention qui s'applique, Ă  condition que le pays de dĂ©part ou celui d'arrivĂ©e soit signataire de celle-ci. Si ces deux pays sont signataires, elle s'applique. Presque tout y est dĂ©crit comme dans le contrat type français, le choix du matĂ©riel de transport, dĂ©lais d'acheminement, les responsabilitĂ©s, litiges, indemnisation, etc. Cette convention Ă©tant plus ancienne, concernant les dĂ©lais, on parle de dĂ©lais raisonnables. Elle a subi une modification majeure concernant la limite d'indemnisation en cas de perte. En effet sur la version initiale, il Ă©tait Ă©crit Ă  l'article 23 alinĂ©a 3 : « Toutefois, l'indemnitĂ© ne peut dĂ©passer 25 francs par kilogramme du poids brut manquant. Le franc s'entend du franc-or, d'un poids de 10/31 de gramme au titre de 0,900 Â». Elle Ă©tait fondĂ©e sur le cours de l'or, depuis 1978 il est Ă©crit : « Toutefois, l'indemnitĂ© ne peut dĂ©passer 8,33 unitĂ©s de compte par kilogramme du poids brut manquant. Â» Les « unitĂ©s de compte Â» sont les droits de tirage spĂ©ciaux. Sa derniĂšre modification rĂ©side dans le fait qu'elle accepte la dĂ©matĂ©rialisation des documents, donc de la lettre de voiture. Enfin, elle est aussi rĂ©guliĂšrement modifiĂ©e parce que de plus en plus de pays en sont signataires.

Transport aérien

En transport aérien de marchandises, le document se nomme lettre de transports aérien abrégée par LTA. Airwaybil en anglais soit AWB. Il existe trois conventions. La plus ancienne est la convention de Varsovie, mais il y a aussi la convention de Montréal et la convention IATA, Association du transport aérien international. En transport maritime de marchandises, le document se nomme un connaissement, ou bill of lading, en anglais.

  • national : la loi du  ;
  • international : la plus ancienne, la convention de Bruxelles, aussi la convention de Hambourg (en).

Le contrat de transport de marchandises est matérialisé par un document qui doit mentionner la date à laquelle il a été établi, le nom et adresse du transporteur (+siret ou ID TVA) et nom et adresse du commissionnaire de transport, le nom et adresse de l'expéditeur (ou du remettant), le nom et adresse du destinataire, la date de prise en charge, ce qui est transporté (nombre de colis, nature des marchandises, poids, volumes, ou mÚtres linéaires), des mentions concernant la dangerosité, les sommes à encaisser, des instructions particuliÚres de livraison, les incoterms...

Type du transport

Selon l'appartenance des moyens de transport (vĂ©hicule, conducteur), le type du transport de marchandises est diffĂ©rent. Le transport de marchandises est dĂ©nommĂ© :

  • Transport pour compte propre, en mettant en place ses propres moyens, constituĂ©s d'un vĂ©hicule et d'un conducteur, mĂȘme louĂ©s en exclusivitĂ©, pour transporter ses propres marchandises, ou des marchandises dont on a la garde, Ă  condition que le transport ne soit qu'un accessoire ou un complĂ©ment Ă  l'activitĂ© principale portant sur lesdites marchandises (transformation, par exemple) ;
  • Transport pour compte d'autrui ou transport public (qu'il ne faut pas confondre avec transport en commun), en mettant en place ses propres moyens, ou des moyens sous-traitĂ©s, pour transporter les marchandises d'autrui.

Intervenants extérieurs et intermédiaires

Le transport de marchandises mobilise des intervenants spĂ©cialisĂ©s, gĂ©nĂ©ralement commerçants :

  • Les commissionnaire de transport, dont le rĂŽle est de mettre en Ɠuvre les transporteurs, moyennant le rĂšglement d'une commission. En transport routier, le commissionnaire de transport peut sous-traiter (pour plus de 15 % de son chiffre d'affaires) le transport qui lui est confiĂ©.
  • Les transitaires ou agents chargĂ©s d'effectuer les opĂ©rations de mise sous douane ou de dĂ©douanement, c'est-Ă -dire des dĂ©clarations de douane pour le compte d'autrui, Ă©ventuellement des dĂ©clarations complĂ©mentaires particuliĂšres, pour le comptes des expĂ©diteurs, des transporteurs, des commissionnaires ou des destinataires.

Exploitation et exploitants

La gestion d'un outil de transport s'appelle « exploitation Â». Lorsque l'exploitant gĂšre le vĂ©hicule et l'infrastructure, le transport est dit « intĂ©grĂ© Â». Par exemple, jusqu'Ă  1997, le chemin de fer français Ă©tait gĂ©rĂ© par la SNCF (SociĂ©tĂ© nationale des chemins de fer français) dans son intĂ©gralitĂ© (moyens et infrastructure). Pour dĂ©sendetter l'entreprise publique, l'État a sĂ©parĂ© la fonction exploitation, tenue par la SNCF, et la gestion des infrastructures, qui a Ă©tĂ© confiĂ©e au RĂ©seau ferrĂ© de France.

L'exploitation des moyens de transport n'est donc pas la gestion des l'infrastructure (voies de navigation, voies de circulation, voies aĂ©riennes). Elle nĂ©cessite souvent des compĂ©tences particuliĂšres, et conduit Ă  la spĂ©cialisation des organisations dont elle est Ă  la charge : ainsi, la RATP (RĂ©gie autonome des transports parisiens) exploite le mĂ©tropolitain ou mĂ©tro, le R.E.R. (RĂ©seau express rĂ©gional), le tramway parisien, et les autobus de la capitale et de sa banlieue, alors que les infrastructures sont entretenues par la S.N.C.F., la commune, la communautĂ© de communes, le dĂ©partement, la rĂ©gion ou l'Ă©tat, et par des sociĂ©tĂ©s sous-traitantes.

Notes et références

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  10. ↑ Polybe (I, 22) ajoute qu'ils sont "mal construits et difficiles à manƓuvrer.
  11. ↑ Grand Dictionnaire Terminologique
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    Johan Ransquin, chef du service transports et mobilitĂ©s de l’Ademe, interrogĂ© par Camille Cordonnier avant le Mondial de l'Automobile de Paris, le .
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  55. ↑ Bruno Cordier, « La gratuitĂ© totale des transports collectifs urbains : effets sur la frĂ©quentation et intĂ©rĂȘts Â» [PDF], sur developpement-durable.gouv.fr, .

Voir aussi

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Articles connexes

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