John Edmonstone est un ancien esclave noir devenu taxidermiste, présent dans la liste des 100 grands Britanniques noirs compilée par Patrick Vernon. Il a notamment enseigner ce savoir-faire à Charles Darwin.

Biographie

Mibiri Creek, la plantation esclavagiste de Charles Edmonstone à Démérara[1].

John naît esclave dans la colonie de la Guyane britannique, probablement à Démérara. Son maître, Charles Edmonstone (né en 1793, Cardross Park, Dunbarton, Écosse - décédé en 1822, Démérara, Guyane britannique) a une plantation en Guyane britannique.

Un ami et futur gendre[1] de Charles Edmonstone, Charles Waterton, possède également des terres en Guyane et est un naturaliste qui ramène des spécimens avec lui[2]. Venu vers 1812 dans la colonie, il est débordé par le trop grand nombre d'espèces d'oiseaux exotiques à ramener en métropole. Afin de l'aider, il forme un jeune esclave, John, à la taxidermie[1].

L'université d'Édimbourg en 1819.

En 1817[1], Charles Edmonston amène son esclave avec lui à Glasgow, en Écosse, où il possède Cardross Park au nord de la ville[2]. Selon la loi — la possession d'esclaves étant interdite en Écosse depuis 1778 — John est alors émancipé et prend le nom de son maître[1],[3]. Une fois libre, il pratique son art d'abord à Glasgow puis, à partir de 1823, part s'installer au 37 Lothian Street à Édimbourg où il enseigne la taxidermie aux étudiants de l'université de la ville[4]. À cette l'époque, ce savoir-faire est très recherché, non seulement à des fins scientifiques mais aussi décoratives[1].

John Edmonstone et Charles Darwin

C'est à l'université d'Édimbourg que Edmonstone enseigne la taxidermie au jeune Charles Darwin alors qu'il avait 16 ans et commence à se lasser de l'apprentissage de la médecine. Darwin décrit Edmonstone comme quelqu'un de « très plaisant et intelligent »[5].

John Edmonstone fait à Darwin des descriptions détaillées des forêts tropicales d'Amérique du Sud, ce qui l'aurait encouragé à les explorer lorsque, plus tard, l'occasion s'en présente. Edmonstone raconte également à son élève des détails de sa vie et de son passé d'esclave. Toute sa vie, Darwin détestera l'esclavagisme.

Au cours de ses explorations à bord du Beagle de 1831 à 1836, Darwin profitera largement des connaissances taxidermiques transmises par Edmonstone. Les spécimens parfaitement conservés ont été essentiels à la formulation de la théorie de l'évolution[1].

Hommages

En 2009, une plaque a été dévoilée en sa mémoire sur Lothian Street[6],[3], toutefois elle a disparu depuis[7].

Edmonstone est considéré comme l'un des 100 grands Britanniques noirs[8].

Un poème raconté du point de vue de John Edmonstone apparaît dans le numéro d'hiver 2019 de African American Review[9].

Notes et références

  1. a b c d e f et g Dalia Ventura, « John Edmonstone, l'esclave affranchi qui a enseigné à Darwin la taxidermie, la voie de sa théorie de l'évolution », sur BBC,
  2. a et b « BBC - Radio 4 Making History - Latest programme », sur www.bbc.co.uk (consulté le )
  3. a et b (en) James McNis, « John Edmonstone: the man who taught Darwin taxidermy », sur British Natural History Museum (consulté le )
  4. « 100 Great Black Britons - John Edmonstone » [archive du ], sur www.100greatblackbritons.com (consulté le )
  5. Literature, Science and Human Nature par Ian McEwan.
  6. (en-GB) « Memorial for Darwin slave mentor », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Lisa Williams, « Edinburgh's part in the slave trade », sur Historic Environment Scotland, (consulté le )
  8. « 100 Great Black Britons - John Edmonstone » [archive du ], sur www.100greatblackbritons.com (consulté le )
  9. « Project MUSE -- Verification required! », sur muse.jhu.edu (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes