Henry Chavin, né le à Meaux[1], est un haut fonctionnaire français, préfet de Constantine (Algérie) (1940), directeur général de la sûreté nationale, il met en œuvre le statut des juifs (). Secrétaire général à la police du Ministère de l'Intérieur en 1941, il organise le camp du Récébédou[2] près de Toulouse pour interner notamment les juifs étrangers[3].

Biographie

Image du Journal daté du 5 septembre 1940[4].

Après des études de Droit et d'économie politique, Henry Chavin est mobilisé du au [5]. La guerre terminée, il commence sa carrière dans le corps préfectoral sous la Troisième République. Après quelques postes de Secrétaire général de préfecture et de sous-préfet, il est directeur du cabinet du ministre de l'agriculture en . Nommé préfet des Basses-Alpes en , il n'est pas installé mais reste détaché en qualité de directeur adjoint au ministère.

Sous l'impulsion du leader radical Édouard Daladier, il succède à Camille Vernet comme préfet de Vaucluse en . Il occupe ce poste jusqu'en , coïncidant avec la durée du ministère de Daladier à la Défense[6]. Il est encore préfet de la Haute-Vienne () et préfet de Constantine (), puis il exerce les fonctions de Directeur général de la Sûreté nationale du au [1]. Ses services sont chargés de la mise en application de la loi du sur les dénaturalisations : 4 000 étrangers vont être expulsés par la Sûreté nationale.

Par la loi du , Henri chavin devient secrétaire général pour la Police. La loi du place sous sa direction tous les services de police. Durant le Gouvernement Darlan, le , la création d'un Ministère de la Défense Nationale entraine la nomination de Pierre Pucheu comme secrétaire d'État à l'Intérieur, et la Direction de la Sûreté Nationale devient la Direction générale de la Police Nationale. Le , Chavin est nommé secrétaire général honoraire pour la Police et est remplacé par Jean Rivalland, Directeur du Personnel et de l'Administration de la Police à la Direction générale de la Police Nationale[7].

Chavin est nommé conseiller d'état en [8].

L'arrivée de Laval au pouvoir, le , entraîne de nouveaux changements. Devenu chef du gouvernement et ministre de l'Intérieur, il fait appel, pour diriger les services de la Police Nationale, au Préfet régional de Chalons-sur-Marne, René Bousquet qu’il nomme secrétaire général à la Police[7].

Henry Chavin est suspendu de ses fonctions durant la Libération, le , avant d'être révoqué le de la même année[1].

Postérité

Henry Chavin est surtout connu pour un rapport écrit en et portant son nom, dans lequel il affirme la réalité du « complot synarchique ». Dans son ouvrage Le choix de la Défaite, l'historienne Annie Lacroix-Riz expose les supposés « synarques » en s'appuyant sur ce document[9], mais l'historien et éditeur Jean-Louis Panné objecte qu'elle n'effectue pas l'édition critique du « rapport Chavin » et qu'elle adhère sans réserve à toutes les allégations qui s'y trouvent, erreurs comprises[10].

Notes et références

  1. 1 2 3 Bargeton 1994, p. 219.
  2. Tal Bruttmann, « La mise en œuvre du statut des Juifs du 3 octobre 1940 », Archives Juives, vol. 41, no 1, , p. 11 à 24 (lire en ligne).
  3. BnF data .
  4. Sur Gallica .
  5. Société farnçaise d'histoire de la Police, Notice biographique Henry Chavin .
  6. Monier 2007, p. 292.
  7. 1 2 France archives, Secrétariat général à la Police et archives dites « récupérées » (1917-1945), .
  8. François Broche, Dictionnaire de la Collaboration : collaborations, compromissions, contradictions, Paris, Belin, , 950 p. (ISBN 978-2-7011-8947-5), p. 237.
  9. Annie Lacroix-Riz, Le Choix de la défaite, Armand Colin, 2010, note 112, page 632.
  10. Jean-Louis Panné, « L'organisation de la défaite ou le délire en histoire : Annie Lacroix-Riz : Le Choix de la défaite. Les élites dans les années 30. (Armand Colin, 2006, rééd. 2007, 671 pages.) », Commentaire, no 124, 2008-2009, p. 1222-1223 (lire en ligne).

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes