Miniature du XIVe siÚcle illustrant la description que Dante Alighieri fait de Lucifer dans la Divine Comédie (au dernier chant de l'Enfer).

Le diable (en latin : diabolus, du grec ÎŽÎčÎŹÎČÎżÎ»ÎżÏ‚Â / diĂĄbolos, issu du verbe ÎŽÎčαÎČÎŹÎ»Î»Ï‰Â / diabĂĄllĂŽ, signifiant « celui qui divise » ou « qui dĂ©sunit » ou encore « trompeur, calomniateur ») est une entitĂ© personnifiant l'esprit du mal. Les conceptions qu'on peut en avoir sont trĂšs variables et contextuelles. Il peut s'agir d'une unique entitĂ© source de la totalitĂ© du mal, Diable Ă©tant alors l'un de ses noms propres, au cĂŽtĂ© d'autres noms comme Lucifer ou Satan dans la Bible, Iblis (« le dĂ©sespĂ©ré ») dans le Coran, etc. Le diable peut aussi ĂȘtre une entitĂ© aisĂ©ment trompĂ©e par un humain un peu astucieux, dans des contes folkloriques. C'est Ă©galement un nom commun dĂ©signant des personnages mythologiques malfaisants Ă©galement dotĂ©s d'un nom propre comme MĂ©phistophĂ©lĂšs ou BelzĂ©buth.

La religion liée au culte du diable en tant qu'expression de Dieu est le satanisme. Le problÚme de l'existence du mal, ou du fait que le diable peut agir pour susciter le mal, est le sujet de la théodicée.

Les reprĂ©sentations du diable sont trĂšs variables, y compris au sein d'une mĂȘme culture, traduisant la grande variĂ©tĂ© des formes du mal. L'un des aspects du mal Ă©tant le dĂ©sordre cosmique, le diable brouille les frontiĂšres entre l'humain et l'animal, le masculin et le fĂ©minin, etc.[rĂ©f. souhaitĂ©e] ; il peut ĂȘtre purement animal (ours[1], bouc, dragon, serpent, rapace, etc.), prendre une forme humaine, ou celle d'une crĂ©ature chimĂ©rique. Il est dotĂ© le plus souvent de traits hideux et repoussants, mais parfois aussi sĂ©ducteurs. Il est souvent montrĂ© en train d'accomplir un acte vil (torturer, manger des enfants, forniquer, etc.) ou d'ĂȘtre terrassĂ© par un esprit du bien.

L'idĂ©e d'une entitĂ© reprĂ©sentant la personnification du mal sous tous ses aspects et combinant les fonctions de maĂźtre de l'inframonde (l'enfer), destructeur du cosmos et responsable des pires aspects de l'humanitĂ© semble ĂȘtre apparue avec le monothĂ©isme. Dans les religions antĂ©rieures, les divinitĂ©s sont plutĂŽt maĂźtresses d'un domaine particulier dans lequel elles prĂ©sident aussi bien au mal qu'au bien (Ă  l'exemple d'Apollon qui est Ă  la fois celui qui apporte la maladie et la guĂ©rison). L'Ă©laboration de cette figure originale emprunte peut-ĂȘtre aux religions polythĂ©istes pratiquĂ©es au Moyen-Orient.

Dans le manichéisme, le « mal » est à égalité avec le principe du « bien », l'un et l'autre correspondant à dieu. Dans la tradition judéo-chrétienne, le « mal » et le « bien » ne sont pas égaux : les anges déchus étaient des créatures de Dieu qui n'ont pas été créés mauvais mais ont chu en se voulant les égaux de Dieu et en le rejetant ; eux et leur chef appelé « le diable » tentent de répandre le mal en agissant auprÚs des hommes et des femmes par la tentation. Ce faisant, le diable a rejeté le bien et il est à l'origine du mal : « Il a été meurtrier dÚs le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profÚre le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le pÚre du mensonge » (Jean chapitre 8 verset 44[2]).

Personnifications du mal dans les religions polythéistes

HĂąpy.

Il semble que la notion de division de puissance en une force du bien et une du mal soit relativement rĂ©cente dans l’histoire des croyances. Dans les cultes plus anciens, le bien et le mal sont tous deux issus de la mĂȘme dĂ©itĂ©, puisque celle-ci est considĂ©rĂ©e comme contenant tout ce qui existe. La mĂȘme dĂ©itĂ© est donc Ă  la fois capable de bien et de mal. Un exemple en est donnĂ© par la dĂ©esse Ă  tĂȘte de lionne de l’Égypte antique Sekhmet qui dĂ©truit l’humanitĂ© (sur ordre de RĂȘ) mais qui est aussi vĂ©nĂ©rĂ©e pour son pouvoir de protection et de guĂ©rison. On peut aussi citer Loki, dieu scandinave qui tue vicieusement Baldr, mais qui sauve le domaine des dieux Aesirs de la gĂ©ante Skadi.

Dans les religions primitives, chaque clan ou tribu possĂšde son dieu avec tous ses attributs, cause du bien et du mal qui arrive aux hommes. Le polythĂ©isme est considĂ©rĂ©, dans cette argumentation, comme un rapprochement des divers clans, chacun possĂ©dant sa propre divinitĂ©. L’union d'un dieu mĂąle et d’une dĂ©esse femelle reflĂšte l’union rĂ©ussie et Ă©galitaire de deux clans. Lorsqu’au cours du rapprochement de deux clans, une divinitĂ© en remplace une autre pacifiquement, elle est alors dĂ©crite comme ayant Ă©tĂ© engendrĂ©e par l’ancien dieu : elle est le fils ou la fille de ce dieu alors dĂ©chu et dont le culte devient secondaire. Enfin, et c’est lĂ  que l’origine du principe du mal personnifiĂ© pourrait rĂ©sider, lorsqu'un clan est belliqueusement conquis, la dĂ©itĂ© de ce clan se voit attribuer tous les principes mauvais et est considĂ©rĂ©e par les conquĂ©rants comme la source de tout mal et, par consĂ©quent, fait peur et devient crainte. Un exemple de cette thĂ©orie est donnĂ© par l’évolution du culte de Seth (Setekh) dans l’Égypte antique au profit de celui d’Horus, voir le paragraphe ci-dessous consacrĂ© Ă  l'Égypte.

La plupart des religions précédant le christianisme intÚgrent un ou plusieurs dieux incarnant le mal, qui par certains aspects rappellent le diable des religions monothéistes. Contrairement à la vision chrétienne cependant, ces divinités ont généralement un double visage et parallÚlement à leur dimension malveillante, sont l'objet d'un culte pour leurs aspects positifs. Elles ne sont en outre fréquemment la cause que d'une des facettes du mal et de ses manifestations.

Mésopotamie

La religion mĂ©sopotamienne est l'une des premiĂšres Ă  reprĂ©senter l'univers comme le champ de bataille de l'affrontement cosmique entre le bien et le mal. L'Ă©popĂ©e de Gilgamesh, le plus ancien texte connu, marque dĂ©jĂ  la premiĂšre apparition d'un personnage diabolique dans la figure de Huwawa. Ce gĂ©ant monstrueux garde la forĂȘt de cĂšdres dans laquelle Gilgamesh veut couper le bois qui manque Ă  son peuple. Gilgamesh occit le monstre, mais n'en retire aucune gloire et se voit au contraire puni par Enlil, seigneur du ciel et roi des dieux. Huwawa, au-delĂ  de ses aspects terrifiants (« son rugissement est comme celui d'une tempĂȘte, sa bouche est le feu et son souffle est la mort »), reprĂ©sente en effet une force naturelle au caractĂšre sacrĂ©.

Perse

Zarathoustra bouleverse la religion perse (le mazdĂ©isme) en remplaçant les dieux existants par deux entitĂ©s, l'une bĂ©nĂ©fique, Ahura Mazda, dieu de la lumiĂšre apportant l'ordre, l'autre Ahriman ou Angra Mainyu, prĂ©sidant aux forces destructrices. Cependant, Ahriman est subordonnĂ© Ă  Ahura Mazda. Cette interprĂ©tation donne au dieu bienveillant le rĂŽle de juge ultime qui laisse les dĂ©mons tenter l'humanitĂ© et n'intervient qu'en dernier recours pour empĂȘcher la victoire du mal.

Égypte

Anubis, le seigneur de la nécropole.

Les Égyptiens n'avaient pas Ă  proprement parler de diable dans leur panthĂ©on. Le mal pourrait ĂȘtre associĂ© Ă  Seth qui dĂ©coupa son frĂšre Osiris. Pour ce qui est de l'au-delĂ , la tradition voulait que la dĂ©esse MaĂąt pĂšse le cƓur des morts Ă  l'aide de la plume de la vĂ©ritĂ©. Si l'homme avait des choses Ă  se reprocher alors le cƓur Ă©tait plus lourd que la plume et le cƓur du condamnĂ© finissait avalĂ© par Ammit, un dĂ©mon femelle mĂ©langeant hippopotame, lion et crocodile et se retrouvait alors, selon leurs croyances, dans le nĂ©ant oĂč, selon certaines versions, il Ă©tait battu pour l'Ă©ternitĂ© par neuf dĂ©mons, hommes Ă  tĂȘte de chacal, armĂ©s de couteaux (l'Ă©quivalent des diables de l'Enfer dans les traditions chrĂ©tiennes). Anubis, souvent considĂ©rĂ© Ă  tort comme le diable Ă©gyptien n'avait d'autre rĂŽle que de guider les morts et de veiller sur la nĂ©cropole oĂč Ă©taient admis les gens jugĂ©s dignes d'y rester. Pour les peuples de Basse Égypte, Seth Ă©tait un dieu bienveillant, rĂŽle occupĂ© par Horus (et Osiris) en Haute Égypte. Lors de l’unification de la haute et de la basse Égypte, Horus et Seth devinrent, dans un premier temps, frĂšres, et furent vĂ©nĂ©rĂ©s comme un dieu bifide HĂąpy, puis, le temps aidant, Seth fut considĂ©rĂ© comme infĂ©rieur Ă  Horus pour finalement personnifier la source de tout mal, le Satan de l’ancienne Égypte. Seth fut frĂ©quemment reprĂ©sentĂ© comme un serpent noir, un porc noir ou encore par un homme aux cheveux roux. Les mots rouge et dĂ©sert — la basse Égypte oĂč Seth Ă©tait vĂ©nĂ©rĂ© est dĂ©sertique — sont trĂšs proches l’un de l’autre en hiĂ©roglyphique Ă©gyptien. On trouve un point de vue intĂ©ressant sur la confrontation d'Horus et de Seth dans La magie d'HĂ©nok, en particulier dans la quatriĂšme partie. Hiramash y avance l'idĂ©e que Seth Ă©tait le dieu de la VolontĂ©, reprĂ©sentant l'Ă©poque matriarcale de l'HumanitĂ©, tandis qu'Horus Ă©tait le dieu de l'Amour, reprĂ©sentant l'Ă©poque patriarcale qui aurait suivi. Horus aurait, selon cet auteur, Ă©vincĂ© Seth pour installer un rĂšgne de puissance, prĂ©textant l'Amour pour se dĂ©tourner de la sexualitĂ© et des forces de la Terre ; Seth est alors « requalifiĂ© en diable » par Horus le vainqueur, et par consĂ©quent tout ce qui est fĂ©minin sera dĂ©sormais considĂ©rĂ© comme au mieux infĂ©rieur, au pire diabolique. Toujours selon cette hypothĂšse, le rĂšgne d'Horus marquerait le dĂ©but des grandes institutions, des États et des polices dans le monde entier.

Canaan

GrĂšce

Haut-relief de Pan, connu comme « satyre della Valle », prÚs du théùtre de Pompée.

Si la distinction entre le bien et le mal est parfois diffuse, de nombreuses dĂ©itĂ©s prĂ©sentent deux facettes, l'une bienveillante et l'autre malveillante. HĂ©siode affirme nĂ©anmoins que les mauvaises actions sont punies par les dieux qui confient aux Érinyes la tĂąche de tourmenter ceux qui vont contre les lois du cosmos. C'est avec Platon qu'apparaĂźt une distinction plus claire entre l'aspiration au monde des idĂ©es et la tentation de cĂ©der aux besoins matĂ©riels, une opposition inspirĂ©e notamment par le combat de Zeus et Dionysos contre les Titans.

Les philosophes de la GrÚce antique ont cependant une faible influence sur la vision anthropomorphique que leurs contemporains, dans toutes les strates de la société, ont des dieux et expliquent encore par des travers trÚs humains les vicissitudes de leur existence.

La mythologie grecque marque la reprĂ©sentation du dĂ©mon dans le christianisme mĂ©diĂ©val, en particulier Ă  travers HermĂšs — le messager des dieux est en effet Ă©galement le dieu des voleurs et celui qui mĂšne les morts dans l'infra-monde — mais surtout son fils, Pan. Celui-ci transmettra en effet au diable cinq de ses traits de caractĂšre les plus reconnaissables : les sabots, les cornes, le bouc, les pattes velues et l'odeur pestilentielle[3]. Satan hĂ©ritera en outre de sa dimension de personnification de l'Ă©rotisme.[rĂ©f. nĂ©cessaire] En particulier, sous l'influence d'Augustin d'Hippone et d'autres PĂšres de l'Église qui voient dans la recherche effrĂ©nĂ©e de l'Ă©rotisme un obstacle Ă  la vie de l'Ăąme, les artistes se tourneront vers Pan comme source d'inspiration pour la reprĂ©sentation d'un dĂ©mon qui en faisant paraĂźtre les sĂ©ductions terrestres comme des absolus, dĂ©tourne de la vie spirituelle.

Dans les religions abrahamiques

Un ange déchu du Paradis, par Gustave Doré.

D'un point de vue thĂ©ologique, le diable est considĂ©rĂ© comme un ange rĂ©voltĂ© contre Dieu, dĂ©chu et prĂ©cipitĂ© en enfer (sur terre), qui pousse les humains Ă  faire le mal. Si certaines[Lesquelles ?] traditions considĂšrent que le mal vient aussi de Dieu, et que le diable n'est qu'un de ses aspects ou de ses agents, la plupart lui donnent une dimension autonome. Dans ce cas, selon certains, Dieu laisse dans une certaine mesure le champ libre au diable, tout en conservant la possibilitĂ© de le rĂ©-enchaĂźner, alors que pour les ManichĂ©ens la lutte entre ces deux forces ne peut ĂȘtre arbitrĂ©e que par l'Homme.

JudaĂŻsme

Le judaĂŻsme est monothĂ©iste. Dieu est adorĂ© pour sa bontĂ© et redoutĂ© pour sa colĂšre ; il est unique, transcendant, omnipotent et Ă©ternel : « Je forme la lumiĂšre et je crĂ©e les tĂ©nĂšbres, je fais le bonheur et je crĂ©e le malheur : c'est moi, le Seigneur, qui fais tout cela[4]. » Le concept de diable est associĂ© dans la Bible Ă  trois figures : le Serpent de la GenĂšse, l'ange dĂ©chu Ă©voquĂ© par les Psaumes, IsaĂŻe et ÉzĂ©chiel ; le Satan Ă©voquĂ© par le Livre de Job et le Premier livre des chroniques.

Serpent

Dans la GenĂšse, un serpent, douĂ© de parole et rĂ©sidant dans le jardin d'Éden, sĂ©duit la premiĂšre femme, Ève, l'incitant Ă  manger du Fruit dĂ©fendu de l'Arbre de la connaissance du bien et du mal, ce qui entraĂźnera l'expulsion du jardin d’Éden, et vaudra au Serpent d'ĂȘtre maudit, de marcher sur le ventre (il n'Ă©tait donc pas apode), et de manger de la poussiĂšre tous les jours de sa vie. De plus, sa postĂ©ritĂ© et celle de la femme se livreront une guerre constante, on lui Ă©crasera la tĂȘte, il leur blessera le talon (Gen. 3:14-15).

Le Nahash n'est pas nommĂ© ni identifiĂ© Ă  Satan dans le Livre de la GenĂšse, ni Ă  une divinitĂ© comme dans les autres systĂšmes de croyance, quoiqu'il apparaisse comme un des rares animaux du Pentateuque Ă  pouvoir parler[N 1]. Le mot que la Bible emploie pour « rusé » (ŚąÖ·ŚšÖ°Ś / eirom) est trĂšs proche de l'adjectif « nu » (ŚąÖžŚšŚ•ÖŒŚ / aroum).

Anges déchus

Le Psaume 82, prĂ©figurant la descente aux enfers de Satan, indique : « Dieu s'est dressĂ© dans l'assemblĂ©e divine, au milieu des dieux, il juge : [
] Je le dĂ©clare, vous ĂȘtes des dieux, vous ĂȘtes tous des fils du TrĂšs-Haut, pourtant vous mourrez comme les hommes, vous tomberez tout comme les princes. » Mais il s'agit d'un avertissement aux dieux secondaires (Ă  une Ă©poque oĂč IsraĂ«l n'est pas encore complĂštement monothĂ©iste) ou si l'on veut aux « anges » qui font mal leur travail. Il n'est nullement question de rĂ©bellion contre le Dieu suprĂȘme.

Le Livre d'IsaĂŻe contient un passage qui a Ă©tĂ© interprĂ©tĂ© comme une mention de la chute de l'ange rebelle : « Te voilĂ  tombĂ© du ciel, Astre brillant, fils de l'aurore ! Tu es abattu Ă  terre, Toi, le vainqueur des nations ! Tu disais en ton cƓur : Je monterai au ciel, J'Ă©lĂšverai mon trĂŽne au-dessus des Ă©toiles de Dieu ; Je m'assiĂ©rai sur la montagne de l'assemblĂ©e, À l'extrĂ©mitĂ© du septentrion ; Je monterai sur le sommet des nues, Je serai semblable au TrĂšs Haut. Mais tu as Ă©tĂ© prĂ©cipitĂ© dans le sĂ©jour des morts, dans les profondeurs de la fosse[5]. » La raison de la chute semble rĂ©sider dans un orgueil et une volontĂ© de s'Ă©galer Ă  Dieu et cette opinion a prĂ©valu dans la tradition chrĂ©tienne. Le sens originel de ce passage du Livre d'IsaĂŻe pourrait faire rĂ©fĂ©rence au roi dĂ©chu de Babylone, ce que semble clairement confirmer la suite[6].

Le Livre d'ÉzĂ©chiel fait Ă©galement rĂ©fĂ©rence Ă  un ange dĂ©chu, un « chĂ©rubin protecteur » : « Je t'avais installĂ©, et tu y Ă©tais, sur la sainte montagne de Dieu [
] et ce jusqu'Ă  ce qu'on trouve de l'injustice en toi[7]. » Mais lĂ  encore, la lecture historique Ă©voque la figure du roi de Tyr, perdu par sa prospĂ©ritĂ© et son orgueil. ÉzĂ©chiel y utilise les mĂȘmes mots que dans la cĂ©lĂšbre prophĂ©tie sur Tyr.

Par la suite, cette autonomie sera reprise et dĂ©veloppĂ©e mais hors du canon biblique, dans la littĂ©rature apocryphe et les croyances populaires. Ainsi, le Livre d'HĂ©noch, trĂšs tardif, Ă©crit aux alentours de l'Ăšre chrĂ©tienne, dĂ©crit la corruption des anges gardiens, sĂ©duits par les « filles de la terre ». Cette version prĂ©sente dans le texte Ă©thiopien, cohabite avec celle d'un autre texte plus rĂ©cent appelĂ© le livre d'HĂ©noch slave, qui prĂ©sente l'ambition de dĂ©fier Dieu en se plaçant sur un pied d'Ă©galitĂ© comme l'origine de la chute de Lucifer. Cette littĂ©rature Ă©tablit donc un lien entre le dĂ©mon et la sexualitĂ©, ainsi qu'avec les femmes qui sera largement repris et amplifiĂ© au Moyen Âge, Alors mĂȘme que le Livre d'HĂ©noch n'a pas Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme canonique, ni par les ChrĂ©tiens, ni par le judaĂŻsme talmudique. Toutefois, le Livre d'HĂ©noch reprend et dĂ©veloppe un curieux passage de la GenĂšse qui fait mention de l'attirance, purement sexuelle, des « anges » pour les belles filles de la Terre, dont ils ont des enfants
[8]. Mais ce passage est trĂšs Ă©loignĂ© du rĂ©cit postĂ©rieur de la « chute des anges rebelles ».

Satan

AprĂšs l'exil et la rĂ©duction en esclavage Ă  Babylone au VIe siĂšcle av. J.-C., les Juifs s'interrogent sur leur statut de peuple Ă©lu. L'incomprĂ©hension des Juifs qui peinent Ă  accepter leurs propres pĂ©chĂ©s comme seule justification des flĂ©aux qui s'abattent sur eux amĂšne Ă  des dĂ©veloppements thĂ©ologiques dont on retrouve la trace principalement dans le Livre de Job. Ce passage marque en effet la premiĂšre apparition explicite de Satan. LittĂ©ralement « adversaire » ou quelqu'un qui s'oppose, le personnage apparaĂźt plusieurs fois dans l'Ancien Testament et peut-ĂȘtre traduit de diffĂ©rentes maniĂšres en fonction du contexte ; le Livre de Job est nĂ©anmoins la premiĂšre apparition nominative, explicite (on ne parle plus de « serpent » par exemple) de celui-ci. Il y apparaĂźt comme un tourmenteur de l'humanitĂ©, personnifiĂ©e pour l'occasion par Job, un tourmenteur que Dieu ne laisse agir que dans les limites de ce que l'humanitĂ© peut supporter et pour rendre volontaire son choix de Dieu. En effet, le satan (ce n'est pas encore un nom propre !) soutient Ă  YahvĂ© que la fidĂ©litĂ© de Job n'est que le rĂ©sultat des bontĂ©s qui lui ont Ă©tĂ© accordĂ©es et que si sa foi Ă©tait mise Ă  l'Ă©preuve, sa loyautĂ© ne durerait pas. « Le » satan se voit donc accorder par Dieu la libertĂ© de faire le mal dans le seul but de tester la sincĂ©ritĂ© de la foi de Job. « Alors le Seigneur dit Ă  l'Adversaire : "Soit ! Il est en ton pouvoir ; respecte seulement sa vie" »[9]. Cependant, malgrĂ© toutes les Ă©preuves, Job ne renie pas son dieu : « Sorti nu du ventre de ma mĂšre, nu j'y retournerai. Le Seigneur a donnĂ©, le Seigneur a ĂŽté : Que le nom du Seigneur soit bĂ©ni[10]. » L'essentiel du texte du Livre de Job est constituĂ© par le dialogue avec ses quatre amis au cours duquel Job exprime la dĂ©tresse de l'humanitĂ© face Ă  une adversitĂ© qu'elle ne parvient pas Ă  s'expliquer. Ce texte est fondamental dans la comprĂ©hension du personnage de Satan dans la tradition judĂ©o-chrĂ©tienne, mĂȘme si, dans le livre de Job, il n'est dĂ©signĂ© que par sa fonction (l'Accusateur) et non par un nom personnel. S'il n'a pas le statut d'Ă©gal de Dieu, il a son autonomie.

Toutefois, dans Job le « Cheitan » (l'Adversaire, l'Accusateur) n'est aucunement le mal incarnĂ©, l'ennemi de Dieu, le Seigneur des TĂ©nĂšbres. Il est un ange parmi d'autres, convoquĂ© deux fois Ă  l'assemblĂ©e des anges, une sorte de « conseil des ministres » divin. « Le jour advint oĂč les Fils de Dieu se rendaient Ă  l'audience du Seigneur. L'Adversaire vint aussi parmi eux. [Job, 1, 6]. » Dieu lui parle familiĂšrement, sans animositĂ© ni acrimonie, « D'oĂč viens-tu ? » L'Adversaire rĂ©pond qu'il se promenait : « De parcourir la Terre et d'y rĂŽder ». Dieu poursuit : « As-tu remarquĂ© mon serviteur Job ? », et il le met au dĂ©fi de faire blasphĂ©mer Job. L'Adversaire est encore trĂšs loin du diable chrĂ©tien qui emprunte bien plus ses traits aux religions dualistes iraniennes.

Dans le Premier Livre des Chroniques[11], le mot ƛāáč­Än apparaĂźt Ă  la forme indĂ©finie et c'est le seul endroit dans la Bible hĂ©braĂŻque oĂč cette forme dĂ©signe peut-ĂȘtre un nom propre (« Satan ») et pas un nom commun (« un satan »). Ce passage indique que c'est Satan qui a incitĂ© David Ă  recenser le peuple. Dans le passage parallĂšle du Premier Livre de Samuel[12], c'est pourtant Yahweh qui est Ă  l'origine de ce recensement. DiffĂ©rentes explications ont Ă©tĂ© proposĂ©es pour expliquer ce transfert de responsabilitĂ© de Yahweh Ă  Satan. Lorsque l'auteur des Chroniques retravaille le livre de Samuel, il a pu vouloir exonĂ©rer Yahweh d'un acte manifestement condamnable[pourquoi ?]. Une autre explication y voit une rĂ©flexion sur l'origine du mal dans la littĂ©rature biblique tardive. La littĂ©rature ancienne, dont Samuel, ne connaĂźt qu'une seule cause dans l'histoire humaine : Yahweh. Le Chroniste semble proposer un nouveau dĂ©veloppement en introduisant une cause secondaire, Satan.

Christianisme

Nouveau Testament

Les évangiles synoptiques accordent une place prédominante à l'affrontement entre Jésus et le démon, depuis les premiÚres confrontations dans le désert jusqu'à la bataille finale sur le mont Golgotha. Jésus exorcise des démons à plusieurs reprises et insiste sur le libre arbitre de l'homme, qui doit choisir de renoncer au péché auquel incite le diable.

Le livre de l'Apocalypse expose l'unique rĂ©cit d'un affrontement cosmique (chapitre 12). Le dĂ©mon y prend l'aspect d'un monstre effrayant : « un autre signe parut encore dans le ciel ; et voici, c'Ă©tait un grand dragon rouge, ayant sept tĂȘtes et dix cornes, et sur ses tĂȘtes sept diadĂšmes. Sa queue entraĂźnait le tiers des Ă©toiles du ciel, et les jetait sur la terre. »

Tentateur des hommes

HĂ©ritier du judaĂŻsme, le christianisme reprend l'idĂ©e du diable personne et non notion ; une personne qui agit, et non seulement sur le plan moral par la tentation des fidĂšles, mais qui agit dans le monde pour le sĂ©duire et l'amener contre les fidĂšles de Dieu : les Égyptiens contre IsraĂ«l, l'Empire romain contre les premiers chrĂ©tiens. La vĂ©ritĂ© ne pouvant qu'inciter au bien dans la pensĂ©e chrĂ©tienne, les persĂ©cutions ne peuvent s'expliquer que par l'action du dĂ©mon, venir de ses mensonges. L'Empire romain, premier persĂ©cuteur est donc naturellement le premier Ă  se voir qualifier de lĂ©gion du dĂ©mon.

Cette vision se gĂ©nĂ©ralise progressivement pour s'Ă©tendre Ă  toutes les divisions qui apparaissent au sein mĂȘme de l'Église : le diable, le diviseur, est considĂ©rĂ© comme Ă  l'origine des disputes et des hĂ©rĂ©sies. Alors que le canon de la Bible n'est pas encore fixĂ© et que les apĂŽtres et leurs successeurs dĂ©battent encore de la nature de l'enseignement du Christ, l'accusation d'hĂ©rĂ©sie est frĂ©quente et sous-entend une inspiration dĂ©moniaque ; les errements des autres chrĂ©tiens ne pouvant s'expliquer que par l'intervention du « prince des menteurs ».

Le christianisme considĂšre que si le diable est souvent Ă  l'Ɠuvre, il ne l'est que par le biais des hommes, qui demeurent responsables de leurs actes : le premier concile de Braga, dans son canon 8, dĂ©clare qu'il ne peut ĂȘtre Ă  l'origine des catastrophes naturelles. Le pape François prĂ©cise en 2014 : « À cette gĂ©nĂ©ration, et tant d'autres, on a fait croire que le diable est un mythe, une image, une idĂ©e, l'idĂ©e du mal. Mais le diable existe et nous devons lutter contre lui. C'est ce que dit Saint-Paul, ce n'est pas moi qui le dis ! La parole de Dieu le dit[13]. »

La question du libre arbitre est notamment Ă©voquĂ©e en 2017 par le supĂ©rieur gĂ©nĂ©ral des JĂ©suites Arturo Sosa, qui dĂ©clare : « Le mal fait partie du mystĂšre de la libertĂ©. Si l'ĂȘtre humain est libre, vous pouvez choisir entre le bien et le mal. (...) Nous avons des figures symboliques, comme le diable, pour exprimer le mal[14],[15]. »

Chef des anges déchus

Selon l'enseignement du CatĂ©chisme de l'Église catholique, les anges furent tous créés par Dieu pour ĂȘtre bons, mais certains devinrent mauvais et se retournĂšrent contre leur crĂ©ateur[16]. Les anges n'ayant pas besoin de la foi puisqu'ils ont dĂ©jĂ  la connaissance de toutes les choses cĂ©lestes, leur rĂ©bellion contre Dieu constitue un acte impardonnable[17].

Représentations

Les symboles associés au diable.
Une vision de l'enfer, dans laquelle un diable (ou diablesse ?) écrase les damnés (bas-relief du portail du Jugement dernier de la cathédrale Notre-Dame de Paris).

Parler du diable est une chose familiÚre et commune aux chrétiens. Sa nature et ses pouvoirs sont définis peu à peu et si les théologiens débattent de ces questions sur le plan spirituel, la masse des croyants conserve une vision trÚs imagée du démon. Le Malin est généralement représenté comme une figure humaine dégénérée plus que comme un monstre surnaturel. Sur le plan profane, les contes populaires qui le mettent en scÚne font de lui un adversaire sans grand pouvoir et aisément trompé. Ses représentations sont d'ailleurs quasi inexistantes avant le VIe siÚcle (sa premiÚre représentation connue figure dans une église de Ravenne, sous les traits d'un beau jeune homme, un ange bleu assis à la droite de Dieu[18]).

À partir du Haut Moyen Âge, l’iconographie chrĂ©tienne reprĂ©sente le diable comme un ĂȘtre anthropomorphe effrayant, velu, avec des cornes, des griffes et les caractĂ©ristiques du bouc (cornes, pieds et queue fourchue), reprĂ©sentations qui proviendraient du folklore de l'incube[19], du dieu romain Pan ou encore des satyres[18]. Cette iconographie ne devient vraiment courante et accessible qu'avec les Ă©glises romanes dont la statuaire et les vitraux donnent corps au dĂ©mon dĂ©crit dans les HistoriĂŠ du moine Raoul Glaber qui est le premier, au dĂ©but du XIe siĂšcle, Ă  dĂ©crire le diable issu d'un de ses songes comme un ĂȘtre de petite taille, la peau ridĂ©e, un visage difforme, le crĂąne allongĂ© avec un museau de chien et des oreilles hĂ©rissĂ©es, une barbe de bouc, des griffes, les cheveux sales et raides, les dents d’un chien, une bosse sur le dos, les fesses pendantes, les vĂȘtements malpropres[20].

Le diable sort de la sphÚre des théologiens et des monastÚres au XIIe siÚcle, les croyances populaires opérant un syncrétisme entre des forces surnaturelles païennes et des éléments chrétiens de base, aussi le diable prend-il des apparences innombrables[21].

La reprĂ©sentation du diable de plus en plus gros et bestial Ă  partir du XIIe siĂšcle traduit la volontĂ© des Églises catholique d’éduquer la population par la peur (notion de l’ordre et intervention du dĂ©mon lorsque les lois sont transgressĂ©es), par le biais de la littĂ©rature notamment (telle la dĂ©monologie qui se dĂ©veloppe au XVe siĂšcle ou la littĂ©rature des livres du diable (de) en Allemagne Ă  partir des annĂ©es 1545), mais, malgrĂ© la diffusion des ouvrages, cette pĂ©dagogie touche peu les masses populaires. Cette religion de la peur ne devient efficace qu'Ă  partir du XVIe siĂšcle et atteint son apogĂ©e au XVIIe siĂšcle, comme l'attestent l'Ɠuvre sur les homĂ©lies dominicales de l'Ă©vĂȘque Jean-Pierre Camus[22], les histoires des almanachs ou les faits divers relatĂ©s dans les « canards sanglants »[23]. La multiplicitĂ© des reprĂ©sentations folkloriques du diable fait que la pĂ©dagogie de la peur dĂ©cline Ă  partir du siĂšcle des LumiĂšres qui voit les philosophes combattre l'« Obscurantisme religieux »[24].

Par la suite, la représentation du diable s'humanise, suscitant l'empathie des artistes qui le représentent, voyant en lui la face sombre des pulsions de l'Homme[18].

À partir du XIXe siĂšcle, apparaissent les symboles les plus courants associĂ©s au diable :

  • les croix renversĂ©es ;
  • le pentagramme (voir ci-dessus Dans la chrĂ©tientĂ©) ;
  • le serpent, le crapaud et les bĂȘtes Ă  cornes (bouc, etc.) ;
  • le triangle noir, symbole de la haine.

La dĂ©christianisation au XIXe et XXe siĂšcles s'accompagne d'une rĂ©gression de l'image terrifiante du diable, mĂȘme si celui-ci peut rĂ©apparaĂźtre sous la forme de pratiques telles que le satanisme, le spiritisme ou la parapsychologie[25].

Islam

Dans la religion musulmane, le diable est appelĂ© « Ơayáč­Än » (arabe : ŰŽÙŠŰ·Ű§Ù†) dont le nom propre est Iblis. Lorsqu'Allah (Dieu) crĂ©a le premier homme nommĂ© « Adam », Il demanda Ă  tous les anges de se prosterner devant lui, mais Iblis (un djinn ou un ange malĂ©fique)[26],[27] refusa[28], prĂ©tendant que lui qui a Ă©tĂ© créé de feu ne se prosternerait pas devant un ĂȘtre créé d'argile[29]. Il s'est donc enflĂ© d'orgueil et c'est ainsi de par son arrogance et le refus d'obĂ©ir Ă  Dieu qu'il fut maudit. Iblis, dans son orgueil demanda alors Ă  Dieu par dĂ©fiance de lui accorder un dĂ©lai (le laisser vivre jusqu'Ă  la fin du monde) pour Ă©garer les hommes (qu'il hait) du droit chemin. Allah lui accorda ce dĂ©lai[30]. Adam et sa femme furent placĂ©s au paradis ; Allah leur accorda de jouir de tout ce qui s'y trouvait, seul un arbre leur Ă©tait dĂ©fendu. Iblis les induisit en erreur, en leur faisant croire qu'Allah leur interdisait l'arbre en question car manger de celui-ci les transformerait en anges (crĂ©atures de lumiĂšre). Le couple cĂ©da Ă  la tentation et Allah les fit descendre sur Terre[31]. Dans la religion islamique, et Ă  la diffĂ©rence de la plupart des traditions chrĂ©tiennes, la responsabilitĂ© de la chute n'est pas attribuĂ©e Ă  Ève seule[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Il est simplement dit que le DĂ©mon les tenta[32]. Quand le mot « satan » est utilisĂ© comme nom propre, il s'agit du chef des dĂ©mons, Iblis. De plus, les personnes mĂ©chantes et les djinns mauvais, s'ils suivent Iblis, s'appellent « satan ». Il y a aussi une autre catĂ©gorie d'esprits appelĂ©e satan. Celui-lĂ  est comparable des dĂ©mons et toujours mauvais[33]. Les dĂ©mons, comme les djinns, sont créés Ă  partir du feu[34].

« Sourate XV-27 : Quant aux Djinns,

nous les avions créés, auparavant,

d'un feu d'une chaleur ardente. »

Iblis s'est enflé d'orgueil et il déteste les humains. Il a des enfants qui sont des démons à son service. Iblis et ses acolytes n'ont de cesse d'égarer les hommes depuis la nuit des temps par tous les moyens imaginables ; Iblis circonvient les humains en leur présentant le Mal sous des apparences trompeuses, il les jette dans l'aberration et suscite toutes les formes de mécréances[35].

Psychanalyse

Au début du XXe siÚcle, Sigmund Freud tente la premiÚre approche scientifique des cas de « possession ». En étudiant dans Une névrose démoniaque au XVIIe siÚcle un cas de supposée possession démoniaque en pleine chasse aux sorciÚres, il suggÚre que les accusations portées expriment en fait le refoulement des pulsions sexuelles que la morale de l'époque réprouve particuliÚrement. Freud explique que « le diable n'est pas autre chose que l'incarnation des pulsions anales érotiques refoulées »[réf. souhaitée].

Aspect et noms

La reprĂ©sentation la plus classique du diable est celle d'un personnage rouge (vert dans l'iconographie plus ancienne) associĂ© aux flammes et tenant un trident. Sa tĂȘte humaine porte des cornes. Ses membres infĂ©rieurs sont ceux d'un bouc et il a une longue queue.

Plusieurs noms lui sont attribués :

On utilise également l'interjection « Diantre ! », euphémisme de diable.

Dans les arts et la culture populaire

Représentation dans le folklore mexicain.

Littérature

Le pacte avec le Diable est un thÚme récurrent dans la littérature. Dans la littérature populaire et le folklore, le Diable, trÚs naïf, est le plus souvent berné par les hommes.

Bande dessinée

Théùtre

Cinéma

Avec 848 représentations au cinéma, il est le personnage le plus fréquent devant le PÚre Noël (819), Jésus Christ (354), Dieu (351), Napoléon (337) et Adolf Hitler (335) ; voir Catégorie:Film mettant en scÚne le diable[36]

Séries télévisées

Notes et références

Notes

  1. ↑ L'Ăąnesse de Balaam est Ă©galement douĂ©e de parole.

Références

  1. ↑ L'Ours. Histoire d'un roi dĂ©chu, Michel Pastoureau, Éditions du Seuil, janvier 2007 (ISBN 978-2-02-021542-8) (fiche du livre, sur Le Monde des PyrĂ©nĂ©es).
  2. ↑ « Jean 8 : 44 (Segond 1910) », sur lueur.org (consultĂ© le ).
  3. ↑ (en) Jeffrey Burton Russell, Lucifer: The Devil in the Middle Ages, Cornell University Press, , p. 68.
  4. ↑ Es 45.7.
  5. ↑ Livre d'Isaïe, 14, 12-15.
  6. ↑ Livre d'Isaïe, 14, 4.
  7. ↑ Livre d'ÉzĂ©chiel, 28, 14.
  8. ↑ Genùse, 6, 1-4.
  9. ↑ Job 2.6.
  10. ↑ Job 1.21.
  11. ↑ 1 Chroniques 21,1.
  12. ↑ 2 Samuel 41,1.
  13. ↑ « Une trĂšs belle lutte (30 octobre 2014) | François », sur w2.vatican.va (consultĂ© le ).
  14. ↑ (es) « El Ășnico 'jefe' del Papa », sur elmundo.es, (consultĂ© le ).
  15. ↑ « La question de l'existence du diable agite l'Église catholique », sur lefigaro.fr, (consultĂ© le ).
  16. ↑ (en) The Catechism of the Catholic Church, numĂ©ro 391 (lire en ligne sur vatican.va).
  17. ↑ (en) The Catechism of the Catholic Church, numĂ©ro 393 (lire en ligne sur vatican.va).
  18. 1 2 3 Constance Jamet, « Dessine-moi le Malin », Le Figaro, encart « Culture », 11 juillet 2014, page 33.
  19. ↑ Françoise Gury, « À propos de l'image des incubes latins », MĂ©langes de l'École française de Rome, vol. 110, no 2,‎ , p. 1006.
  20. ↑ François Guizot, Collection des mĂ©moires relatifs Ă  l’Histoire de France, J.-L.-J. BriĂšre, , p. 330.
  21. ↑ (en) Gerald MessadiĂ©, A history of the devil, Kodansha Amer Incorporated, , 384 p..
  22. ↑ Jean-Pierre Camus, HomĂ©lies festives, 1647, p. 535).
  23. ↑ Maurice Lever, Canards sanglants : naissance du fait divers, Fayard, , 517 p. (ISBN 978-2-213-03125-5), p. 517.
  24. ↑ Robert Muchembled, Une histoire du diable, op. cit., p. 150.
  25. ↑ Robert Muchembled, Une histoire du diable, op. cit., p. 300-307.
  26. ↑ Louis Gardet, L'Islam - Religion et communautĂ©, Éditions DesclĂ©e De Brouwer, 1970, page 89 Ă  93.
  27. ↑ Malek Chebel Dictionnaire encyclopĂ©dique du Coran Fayard (ISBN 978-2-213-64746-3) S.22.
  28. ↑ Sourates II-34,XX-116, XVII-61, etc.
  29. ↑ Sourate VII-12,13.
  30. ↑ Sourate VII versets 14,15.
  31. ↑ Sourate II-36.
  32. ↑ Sourate VII-20.
  33. ↑ (en) Amira El-Zein Islam, Arabs, and Intelligent World of the Jinn, Syracuse University Press, 2009 (ISBN 9780815650706), p. 21.
  34. ↑ (en) Seyyed Hossein Nasr, Islamic Life and Thought, Routledge, 2013 (ISBN 978-1-134-53818-8), p. 135.
  35. ↑ Sourate XV-26 à 40.
  36. ↑ Guiness book des records.

Bibliographie

Recherche et études

Ouvrages généralistes

Histoire de l'art

  • Laurence Wuidar, Fuga Satanae : musique et dĂ©monologie Ă  l'aube des temps modernes, GenĂšve, Droz, coll. « Cahiers d'Humanisme et Renaissance » (no 150), , 337 p. (ISBN 978-2-600-05868-1, prĂ©sentation en ligne).
  • (en) Gerhard Jaritz (Ă©d.), Angels, Devils : The Supernatural and Its Visual Representation, Budapest, Central European university, coll. « CEU medievalia » (no 15), , 205 p. (ISBN 978-615-5053-21-4)
  • (de) Andrea Imig, Luzifer als Frau ? : Zur Ikonographie der frauengestaltigen Schlange in SĂŒndenfalldarstellungen des 13. bis 16. Jahrhunderts, Hamburg, Kovac, coll. « Schriften zur Kunstgeschichte » (no 25), , 253 p. (ISBN 9783830044642)
  • Élyse Dupras, Diables et saints : rĂŽle des diables dans les mystĂšres hagiographiques français, GenĂšve, Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 243), , 464 p. (ISBN 978-2-600-01057-3, prĂ©sentation en ligne),
  • Jean-François Lecompte (Ă©d.) (ill. Jean-Michel Nicollet), Le diable dans tous ses Ă©tats : anthologie de textes choisis et commentĂ©s, Paris, E-dite, , 165 p., ill. en coul., couv. ill. ; 29 cm (ISBN 2-84608-117-4, BNF 39230761)
  • Marianne Closson, L'imaginaire dĂ©moniaque en France, 1550-1650 : GenĂšse de la littĂ©rature française, GenĂšve, Droz, coll. « Travaux d'Humanisme et Renaissance » (no 341), , 544 p. (ISBN 2600004327)
  • Jeanette Zwingenberger, « De l'image du diable Ă  celle de la mort », dans Jean-Claude Aguerre (dir.), Le Diable (Colloque de CĂ©risy), Paris, Dervy, coll. « Cahiers de l'HermĂ©tisme », (ISBN 2-85076-950-9)

Théologie

  • Études carmĂ©litaines, Satan, Éditions DesclĂ©e de Brouwer - L'Ordinaire - 1948, réédition 1978 - (ISBN 2-220-02181-5)
  • Albert RĂ©ville (prĂ©f. Pierre-Yves Ruff), Histoire du diable : Ses origines, sa grandeur et sa dĂ©cadence, Saint-Martin-de-BonfossĂ©, ThĂ©olib, coll. « Liber*** », , 139 p. (ISBN 978-2-36500-057-4)

Romans et essais

  • Roland Villeneuve, Dictionnaire du Diable, Omnibus, Paris, 1998, 1084 p. (ISBN 2258049911)
  • Peter Stanford, The Devil, a Biography, William Heineman Ltd, 1996.
  • Roland Villeneuve, La BeautĂ© du diable, Pierre Bordas, 1994.
  • Gerald MessadiĂ©, Histoire gĂ©nĂ©rale du diable, Robert Laffont, 1993.
  • Lou Andreas-SalomĂ©, Le diable et sa grand-mĂšre (1922). Traduction, annotation et postface de Pascale Hummel, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2005.

Autre

  • « Le diable, de l'ange dĂ©chu Ă  l'axe du mal », in revue Historia ThĂ©matique, no 98, novembre-.

Annexes

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Articles connexes

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